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LES CHRONIQUES SEXAGENAIRES (VII)
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9 uillet 1994 – Novembre 1994 – Du numéro 4 de l'EDZ imprimé à Girona près de Barcelone aux prémisses d'un "Écho du Zinc" bisontin. L'enchaînement des nécessités et du Destin, la proposition de Jean Vieille-Monnaie, le grand homme de théâtre, le fils de conseiller général...

9 juillet 1994. L'ombilic de la Balle a repris ses droits. Alors que Gilles Bretelle et Morisi filent vers la Catalogne avec les films du numéro d'été de L'EDZ, Roberto Baggio, le Ballon d'Or bouddhiste que Mario suit avec amour depuis 1988, qualifie l'Italie en quart de finale de coupe du monde contre l'Espagne, match qui se déroule tandis que Rotimpress, une imprimerie catalane, façonne un EDZ qui compte moins de pages (12) mais s'illustre par une enquête polémique sur la Mort des Puces qu'on veut remplacer par un immense Centre commercial ; un papier sur le Chinois, le fameux commissaire qui se lance en politique (très à droite) ; le thème astral de Bernard Tapie par un astrologue bisontin ; une lettre ouverte et un reportage sur un groupe de paraplégiques qui ont formé un orchestre ; le portrait d'un joueur de Longue provençale célèbre dans tout le Midi ; un papier de Patrice Delbourg, ´Marianne ´ et ´Papous dans la tête ´, sur Alphonse Allais’; et la rubrique mensuelle de Jean Pelle, "Memory of a poor blind black piano", chronique signée Jazz Côte Sud.

Côté pub, Morisi rame, seul à tout faire qu’il est : le chemin de fer, la moitié des articles, la correction-révision, la mise en page sur petit écran et sans mémoire vive, puis le flashage et la chasse aux pubs qu'il faut non seulement décrocher et surtout se faire payer... à parution fin de troisième mois. Bref, ce dingue de M.M. tire le diable par la queue.mais s’en tire grâce à Rizla-+, Pastis 51, un distributeur Kronenbourg-Kanterbrau, le comptoir marseillais d'alimentation, les Radio Taxis, Château d'Eau, un producteur de bonbonnes d’eau de bureau et la parution de Casa, une page couleur qui sauve les meubles.

L’EDZ n'est plus mensuel, ll est sorti en novembre, en décembre, en février... et à présent début juillet. Il ne fait plus 20 pages mais 12. Il est beau, le travail des imprimeurs catalans est excellent : ils nous réservent un bel accueil, nous traitant comme si nous étions un titre important.

De retour à Marseille, je passe de beaux moments avec ma puce et je file travailler au CLA d'été comme en 89, 91, 92 et 93. Créateur et artisan passionné du module "PAO et Journalisme", j'ai en charge des groupes multinationaux pendant deux à trois quinzaines, que j'initie à l'aventure journalistique depuis le choix de la ligne éditoriale jusqu'à la vente à 0,50 fr l’exemplaire en passant par la pêche aux titres, les enquêtes de terrain, la hiérarchisation des infos et la mise en page. La dizaine de journaux de 8 à 16 pages sorties pendant une décennie de ces ´forges d'été’ sont photocopiées et reliées par Hamdi et Ferri, libraires franco-iraniens issus eux-mêmes du Centre de linguistique appliquée.

Lors du stage prof FLE 1994, faisant partie de l'équipe de profs d'assaut mise sur pied par Christian Lavenne, l'âme de ces stages, dit le ´Petit Père des Peuples’, Morisi est approché par Jean Vielle-Monnaie, le fils d'un politicien influent dans le Département qui a créé et administre une compagnie théâtrale et un lieu proch de la cave du CLA d'été. Ce dernier, secondé par son épouse et son beau-frère, propose non seulement des spectacles mais également des cours de comédie pour enfants et des stages, tant à l'extérieur de l'université qu'à l'intérieur.

Les locaux de ce théâtre de la Vieille-Monnaie, que les Bisontins auront identifié, sont exigus mais pratiques : une entrée avec la caisse, une salle comptant 80/100 places, la scène, les coulisses. Ils donnent sur deux rues perpendiculaires voisines de la fac des Lettres.

Cette année-là, Morisi et le grand homme de théâtre font davantage connaissance. Ils se croisent dans la cours du 37, échangent devant un café à la pause.

C'est un midi de casse-croutage que Morisi présente son "Écho du Zinc" à l'homme de théâtre, un type de belle prestance avec mèche mobile et lippe boudeuse. Un gratuit payé par la pub et les annonces, indépendant, pouvant promouvoir spectacles et initiatives, à l'abri de l'influence de la presse officielle (Est, Radio France, France 3, Besançon Votre Ville...) : voilà qui était finaud ; il faudrait qu'on en parle en septembre.

Je rentre à Marseille, profite de ma grande puce le plus que je peux tout en préparant le numéro 5 de l’EDZ pour laquelle la pub ne se bouscule pas.

J'ai d'ailleurs déménagé, j'habite une minuscule chambre dans un hôtel tenu par un rocker sympa Boulevard des Neiges (ça ne s’invente pas !) avec la nouveauté que Pascal, un des deux gérants de Bâti-Sud, me prête un bureau dans une pépinière proche de la Comex’. J’y installe mon matériel, un ordi, une flasheuse, mes dossiers, mes bouquins, la compta, les papiers officiels. Quand les factures sont enfin honorées, Lo et moi passons de beaux moments ensemble.

Je passerai sur les moments noirs du printemps qui a précédé, retrait de permis, nuit â l’Evéché, mauvaise conscience, sexualité contrariée, situations ambiguës, crises de goutte, disputes en famille, cafard profond, diète gastroliquide et soucis d'argent.

Arrive le moment de la Foire internationale de Marseille fin septembre début octobre. Je reçois un coup de fil du grand homme de théâtre du quartier de la fac à Besac, il arrive à Marseille avec sa moitié et il aimerait me voir. Je leur trouve un hôtel du côté de la Vieille-Chapelle et nous dînons â la Pointe Rouge… "Voilà, me dit le Planchon ad hoc., ton idée de journal est géniale, est-ce que tu accepterais de l'importer dans la Boucle qui en a cruellement besoin. Est-ce qu'on pourrait imaginer quelque chose comme un franchise, moi et mes amis te payons un loyer, on rémunère ton travail rédactionnel, comme ça tu as des rentrées régulières et nous un média."

Je n'ai pas la jugeote de lui demander qui sont ses amis.Je vois juste que je pourrais financer ma survie économique à moyen et peut-être long terme.

Jean V, est hébergé par Habitat 25, la société mixte dépendant de son père le conseiller général. Il est soutenu par un peu tout le monde à droite comme à gauche. Bien entendu il y a un hic. Impossible de faire vivre l'EDZ Marseille et l'EDZ Besançon en même temps. Et s'il fallait que je choisisse entre les deux ? Et si l'obligation de gagner ma vie m'éloignait de ma fille adorée et de sa maman en me rapprochant de mes parents et de mes racines bisontines ? Cornélien, mon colonel.

(A Suivre)

10 novembre 1994 – La sortie de "L'Écho du Zinc-Besançon n°1" (5e parution avec les EDZ Marseille) - L'accueil de la direction de la publication bisontine, la joie de renouer avec l'ombilic de la Boucle et d'être payé pour le travail effectué ; le siège officieux au Petite Bar rue Chifflet et officiel rue de la Vieille Monnaie. Le chemin de fer et les collaborateurs. Enfin le coup de tonnerre en mairie !

On ne devrait jamais entamer la lecture d'une feuille qu'on ne connaît pas sans parcourir l'ours, c'est-à-dire, en langage des typographes, le générique d’une publication.

Dans le cas de l'EDZ bisontin, le directeur de la publication est l'homme de théâtre de la Vieille Monnaie, le directeur de la rédaction, Philippe R., alors patron du Centre information jeunesse et du mensuel Topo ; et "Bistropolitan/L'EDZ dont le Siret indique qu'il est une Sarl enregistrée à Marseille.

Après les autorités légales, la rédaction.

L,'Écho du Zinc Besançon doit sa une au plasticien sculpteur suisse Claudy Pellaton (un poisson or sur fond azur qui intrigue les milieux autorisés) - Le "médito" est signé MM - l'éditorial "Air du Temps" par la doublette Vieille Monnaie/Philippe R. Le dessin d'humour en mode zinc est de Golec & Golec.

Les papiers en accroche de une sont les suivants : "Besançon, ville ouverte aux fleurs", "Bock Challenge", "Un Vieux Paillard sympa", "Main sale sur la ville", "Ne pas témoigner serait trahir", "Vian en poupe", "Alain Besset ; homme théâtre". Tout cela est signé M.M, Jean V. et Philippe R. ; Seamus Anderson, Pascal Vendola, Philippe R. - Henri Hertz, - Catherine Alde et Patrice Delbourg. En condiment : des brèves de comptoir, des jeux, un quiz anti macho et des annonces de concerts ou d'expos.

Rien d'inquiétant à signaler au plan de la ligne éditoriale, le duo dirlo de la publi-dirlo de la rédac parle bien de "ville qui n'est plus à l'heure" mais le cœur du numéro est l'antinazisme et l'antifascisme, avec en iigne de mire le porte-drapeau du FN aux élections, la mairie PS/union de la gauche tenant la ville depuis des décennies.

Celui qui fait tout basculer est Morisi qui titre "Humeur noire : Comment transformer une ville en cimetière" en stigmatisant les floralies d'automne qui voient la Boucle ensevelie sous les chrysanthèmes pour endormir le troisième et le quatrième âge avant les élections.

Celui que je suis ne résiste pas au bonheur de citer la chute de ce brûlot vitriolé. Intertitre : "une idée bien plus mieux". Envoi : " Tout compte fait, à l'Écho du Zinc, on vient d'avoir une idée. Que diriez-vous des "draps-de-lies" en lieu et place des Floralies ? Dès demain, tout le monde étend son linge aux fenêtres, les slips, les dessous, les draps, les chemisettes les t-shirts, tout ce qui est en tissu et en couleurs... Vous allez voir, c'est génial, en deux jours, Besac titre la bourre à Marseille et à Naples. Et pour pas un rond !"

Le pamphlet, qui suggère que la manifestation coûte une bras et qu'elle régale l'électorat chenu plutôt que les défavorisés. et les artistes, fait scandale. Alors que le coupable fait la connaissance d'un homme de théâtre qui allait changer son avenir, et qu'il rentre à Marseille en vue de l’EDZ n°6 programmé là-bas, Bob Schwint, l'inamovible maire, pique une colère noire dans "Besançon Votre Ville", le mensuel municipal : L'EDZ est un torchon qui ne fait pas honneur à ceux qui l'ont sorti à huit mois des municipales !

(A Suivre)



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