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1969, Boris Kaloff meurt, le Concorde vole, De Gaulle file à l’anglaise et je deviens un intello...

Gainsbourg et son égérie Jane exhalent leur haleine sulfureuse sur la francophonie mais ça ne suffit pas à qualifier la période, comme toutes les périodes troublée car pendant que je me confronte à la pédagogie virile de l’abbé Bigeard en français (« ce n’est pas avec des idées qu’on fait de la littérature, Morisi, je vous mets 8/20), calagenda.fr nous rappelle que l’étudiant tchèque Jan Palas s’est immolé par le feu pour protester contre l’invasion de Prague par les chars soviétiques, que l’Afrique est aux prisex avec les affres de la décolonisation, que Richard Nixon, la bête noire de la contre-culture, est élu président des États-Unis ; précédant de peu Yasser Arafat à la tête de l’OLP avant que Boris Karloff, l’effroyable incarnation de Frankenstein ne lâche la rampe et que le Concorde ne devienne le deuxième avion civil supersonique après le Tupolev. En mars, Golda Meir est élue premier ministre de l’État d’Israël et 30 000 personnes participent au déménagement à Rungis des célèbres Halles de Paris. Lorsque mes camarades et moi sommes en train de préparer notre Bac de Français avant que le Général ne perde le référendum sur la régionalisation et, trahi par les milieux financiers alignés derrière son dauphin Pompidou, ne se retire à Colombey comme le peuple romain l’avait fait jadis sur l’Aventin. Plus modestement les stratégies éducatives des pères maristes, ô combien plus avancées que les diktats de l’Education nationale, me conviennent. Le petit nombre d’élèves et le niveau d’ensemble permettent à nos profs de donner à leurs cours un caractère pré-universitaire. Impossible de se cacher, on participe beaucoup. Il y a surtout les à-côtés culturels et sportifs. Je me rappelle ces matins où l’abbé Neyret, l’aumônier, jet celui qu’on surnommait « La Bête », l’animateur socio-culturelle, nous conduisaient dans un cinéma au fond d’une cour du quartier Battant pour voir « L’Evangile selon Matthieu » de Pasolini par exemple. Après chaque film, il y avait une séance de ciné-club où il fallait apprendre à débattre et à argumenter. On pouvait également faire du théâtre et cela me réserverait de bien belles surprises, je vous en parlerai peut-être. Je me fis vite des très bons camarades. Jean Magny, une magnifique personne à la culture classique impressionnante, Patrice Martin, un dandy fils de médecin qui me fit découvrir Led Zeppelin, Soft Machine, le Velvet Underground... Et Dominique Périlloux, un admirateur sincère d’Albert Camus qui par l’intermédiaire de sa douce, une fille de commerçants de la rue Battant, m’aida à découvrir d’autres gens, d’autres milieux jusqu’à me demander d’être son témoin lors de son mariage à Fontain quelques années plus tard. Le foot ? Encore junior premier année, on me téléphonait à Sampans où je rentrais le vendredi soir pour me convoquer avec l’équipe qui disputait le titre de champion de France Comté à Sochaux, à Baume les Dames et au Patro Sportif Bisontin, l’ennemi intime. Ou en équipe première, la réserve des professionnels. Cela me permit de disputer une quinzaine de matchs comme titulaire et de mériter une convocation à l’IREPS de Paris pour une journée de présélection nationale en vue d’un tournoi à jouer au Québec pendant l’été. Il y avait les entraînements du mardi et du jeudi, les matchs du weekend, mais également le championnat scolaire qu’Andrieu, l’ancien du FC Sochaux, voulait que je dispute pour terrasser Saint Joseph et les autres écoles privées Je le faisais volontiers, même si le niveau était - disons - inégal. Les entraînements, les matchs du mercredi et du dimanche, mais également les parties dans la cour d'honneur entre les terminales et les premières, Saint-Jean et la Maîtrise, les élèves conter les profs. Une vraie corrida avec une centaine d’élèves assis sur les marches qui surplombaient l’asphalte du terrain de hand. Ah cette salve d’applaudissements quand j’avais décroché la lucarne d’un coup de talon du droit le dos tourné au but... (on se rappelle de détails comme ça, parfois...) "Mens sana in corpore sano", on peut dire que nous, que je ne chômais pas car il y avait les compétitions de cross, les matchs de hand, les heures passées à faire des roulades, sauter aux arçons ou faire des barres parallèles. Inutile de dire que je rentrais en cours en nage, et que j’avais parfois du mal à faire redescendre mon.. enthousiasme. Bref, m’étant fait accepter par mes camarades et le corps enseignant, je profitai de mes succès scolaires (le bac de français et 13 de moyenne) pour organiser mes vacances. Assuré de la participation de mes potes les Jurassiens de la sélection de Franche Comté ou du RCFC (Alain de Lons, Roland de Saint-Laurent, Roger de Besançon), je mets sur pied une expédition sur une plage vénitienne et pour me la payer... passe un mois à repeindre les barrières de la cité Solvay, période pendant laquelle, à la mi juillet, l’homme marche pour la première fois sur la lune. (A suivre)



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