Affaire VA-OM en février 1994 : Morisi et l'Echo du Zinc font parler l'ami Vautrot

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LES GRANDS PAPIERS OUBLIES DE L'ECOLE DE L'AIRE DE SAMPANS

Echapper à l'emprise des deux Mario (Morisi et Absentès) n'a pas été une partie de plaisir pour les autres membres de l'Ecole de l'Aire de Sampans (1). Cette rubrique est destinée à mettre en valeur les membres dit "mineurs" de ce mouvement littéraire dédié à Maurice Blanchot... C'est Seamus Anderson qui essuie les plâtre dans le n°9 de l'Echo du Zinc de Besançon daté de février 1994. Son papier, rubriqué dans "Les Commandos du Rade", fit pas mal de bruit dans les milieux interlopes bisontins de l'époque...

Quatre garçons dans le vin

Lors de la dernière parution de "L’Echo du Zinc", d’aucuns nous ont reproché de faire trop de politique. Pour les punir, tel le Chirac que l'on vit dragué il y a quelque temps sur un Chaland, nous avons décidé d’écumer les zincs de quartier, histoire  de prendre le pouls du bas peuple. Récit d’une douzaine d’heures mais alors pas tristes du tout..

Pour avoir goûté à l’aventure sous d’autres cieux, la perspective de ce commando du rade d’un nouveau type ne m’enchantait pas. La dernière fois que j’avais participé à ce genre de raid, le dernier “raideur” en état de marche, à savoir moi, avait fini sa nuit à L’Evêché, alias l’hôtel de police de Marseille. Pourquoi avais-je accepté l’invitation du Bistronome, de Thierry et de Raoul ? Je me le demandais sérieusement. En attendant, j’étais là à poireauter au Petit Vat en manque de mes tristes compères.

Dix heures, dix heures dix, dix heures vingt : personne !

Le Bistronome va et vient entre les manettes de la pression et celles de la machine à café, la lunette telle une loupe sur un nez à la Filochard, l’incisive digne de Bugs Bunny. « Première clope ou pas première clope ? » me dis-je à moi même. Re-café ou pas re-café ?

Passé les habitués du matin : Séquanes mal réveillés, accordéoneux électrifié et émules d’Eric Cantona, à qui un ballon suffit pour la journée, arrive le gros gibier prémonitoire d’apéro : journaliste en cuir et carlingues, loup des steppes ou doyen écharpé. Il est maintenant onze heures et, si j’ai vu passé Serge, mon bras droit quand il ne tremble pas : point de Raoul le Chanteur, ni de Thierry le Photographe !

Onze heures huit : Raoul débarque enfin

Grand, chevelu, roux, à la fois souriant et las, Raoul est sur la mauvaise voie. En ce moment il ne dort pas beaucoup, l’aîné des guitaristes chanteurs de la Boucle, un témoin des temps héroïques, du temps où les CRS encerclaient le Bar de l’U, des razzias “quat’z’arts” à l’Eden, place du Marché, du temps où Bruxelles brussellait, quoi...

Enfin, là, il sirote son café et ne fait pas de vagues. Il sait ce qui nous attend. “Thierry, merde, qu’est-ce que tu fais ?” me dis-je encore à moi-même, intrinsèquement et en mon for intérieur.

Thierry arrive enfin, son appareil en bandoulière. “Vous m’avez tous l’air vachement statiques, pour des explorateurs”, fait un quidam qui se prend pour un héros de Gourio et de Ribes. “Reebok ta mère”, lui balance le Bistronome en nettoyant les cuivres de son bar. Ce à quoi Raoul ajoute un “nous sommes tous les explorateurs de tous les tropiques probables et inventés” qui impose le respect à tous. Respect que le Doyen, très en forme, égratigne par une blague juive dont le secret lui vient sans doute d’un certain Levy, magnat méridional et talmudique. Bref, une histoire de vespasienne et de prépuce biaisé, avec un zeste de rabbin et de ghetto de Varsovie.. Mais sans le sale type avec la moustache, ou cet autre avec l’œil de verre.

Journaux, tabac et diabolo menthe

Bon, c’est pas le tout, mais faut se mettre en route. Le commando est au complet ou presque : Raoul le Manchard sans sa guitare, Thierry le Photographe avec son matos, moi-même, Seamus, sans stylo ni carnets.

Nous nous arrachons sans peine de la rue Pasteur et déroulons nos carcasses lasses dans la bonne direction. Dehors, le monde existe toujours. Il neigeote et ça caille. Une première halte s’impose à cinquante-sept mètres de là, au petit bar tabac face à la mairie.

A l’intérieur du petit bois-debout, il fait bon chaud. Nous nous calons dans le fond, réquisitionnant par le fait trois des six mètres carrés disponibles. La patronne, tout sourire, me vend un carnet et un feutre, et remet sa tournée de diabolos menthe. Gênés, trois ouvriers en bleu et blanc de chauffe, font leur possible pour échapper à l’objectif de Thierry... qui joue les chimpanzés sur une chaise. En attendant qu’il achève sa mise au point, j’entreprends Raoul sur l’itinéraire. N’avions-nous pas décidé de consacrer ce reportage aux petits bistrots de quartier ? Raoul à du mal à défendre ses idées vu qu’il est totalement aphone, d’où son humeur morose, lui, le chantre de Félix Leclerc et de Bobby Lapointe. En attendant, on a bien fait de passer au bar tabac de la rue Pasteur. C’est petit mais chaud, et il y a tout ce qu’un « pro du pot » désire : le journal, du tabac et plein de diabolos menthe... et des canons.

Libérez la Vierge

“C’est pas le tout mais je casserai bien une graine” lance Thierry tandis que nous arpentons la rue Pasteur dans l’autre sens, en direction de la Grande Rue. La neige volète, glacée, et une bise opiniâtre plaque nos vêtements sur nous. Tiens, la grille qui protège la petite vierge au-dessus de la cabine téléphonique a été tordue ! Autour d’elle, sur le mur gris et jaune clair, des tags. Pas beaux, d’ailleurs, des gribouillis plutôt. Les types ont dû grimper sur la cabine et en profiter pour s’acharner sur la grille... Qui sait ce qu’il s’est passé ? Peut-être voulaient-ils lui faire subir les ultimes outrages ? Ou bien encore lui rendre sa liberté ? Si vous savez ce qu’il y a eu, écrivez à l’Echo...

De dépit, nous nous immergeons dans une drôle de lumière blanchâtre qui sculpte sur la pierre d’ordinaire grise des murs mille nuances éthyliques. Quand nous arrivons Pont de Battant, il est question d’Utrillo, allez savoir pourquoi.

L’heure où Ali lit

D’Utrillo à Barika, il n’y a qu’un pas que nous franchissons allègrement. Quand nous pénétrons dans son négoce, il est une heure, l’heure où Monsieur Ali lit.

Barika : un nom magique. Un nom et un homme synonyme de chaleur, de bouffe et de sourire. Barika, un grand petit bonhomme sans qui..., le maître souriant mais ferme d’un petit monde aux franges des grands. “Ca, c’est un homme que j’aime”, s’exclame Raoul, solennel, en le désignant de la main, et avant d’avaler un cacheton destiné à lui rendre sa voix. “J’y pas grand-chouse, li zenfants, y’a dou chou et un pou de couscousse.” Pas de problème, Barika, mélange le tout, ça fera du “chou-secousse”. Arrosé d’un pichet de grenadine, ça ne peut être que divin.”

Un droit de visée sur les noirs

Après nous avoir servi, Barika s’assoit près de Thierry qu’il questionne sur son appareil photo. Barika engueule gentiment un client, prête dix francs à un autre, disparaît ; puis reparaît avec son appareil : un Zénith. Et voilà Thierry qui lui ouvre son boîtier et lui fait une démonstration d’exposition, d’obturation, de diaphragme et compagnie. C’est là que survient un second rouquin qui s’approche, l’air malicieux : “Dis, avec ton appareil, on n’enlève pas le cache ?” Ce à quoi Thierry, la lunette malicieuse, répond : “Remarque pertinente, l’ami. Et pour tout dire impertinente !” Le Rouquin II rebondit : “Oui, parce qu’avec le cache, tu avais un droit de visée sur les noirs !” Tandis que le type qui a emprunté les dix balles de tout à l’heure s’évanouit comme Quasimodo sous la neige, Raoul, son œil levé au Ciel, profère, énigmatique et comtois : “Tu sais, le type qui vient de partir et moi, eh bien c’est Des Souris et des Hommes ! »

Le temps court. Comme convenu, le Bistronome nous a rejoint au sortir de son taf. On a fini de se restaurer, ce qui ne l’empêche pas de nous inonder de ses civilités comestibles en moins de temps qu’il ne faut pour siffler un sirop d’orgeat. Ca interfère sur les prix déjà modiques de céans. Pour le chou-secousse, le litre de Vittel fraise et les cafés de barbarie, on s’en tire pour 25 francs chacun ! Quand on vous dit que Chez Barika, c’est la maison du Bon Dieu ! Si un jour on l’aligne, nous on se couche devant les bulldozers !

Voix cassée, Oreille cassée

Bon, c’est pas le tout. L’idée de départ, c’était de faire un tas de bistrots ordinaires, genre l’Intermédiaire, le Bar Bar, la Rotonde ou Chez Sam, pas de faire du tourisme à la Madeleine. Ce qui ne nous empêche pas de traverser la rue et de prendre un autre café à l’Oreille Cassée, au coin de la rue du Vignier. Dans notre sillage, on note la présence de Jean-Claude (le rouquin spirituel de tout à l’heure) qui défie le grand Raoul au baby. La patronne, charmante, me demande ce que j’ai pensé de la soirée “Red House” du vendredi précédent et lève les yeux au ciel, émoustillée : “Les salauds, ils m’ont encore fait chanter ‘Encore et Encore’ de Cabrel !”.

Raoul revient du baby excité comme une puce : “Voilà, on a perdu !” suivi de : “Avec mon rire idiot, c’est pas bon !”

Deux chiens gambadent sous les posters de l’Oreille Cassée. Tout est bois, carrelage et chaleur. Le Bistronome tâche d’accélérer le rythme des tournées de Perrier fraise. On le tire par le bras, il attache son VTT à un poteau, on le pousse dans la bagnole assoiffée d’essence de Thierry, et on met le cap sur les Chaprais, direction le Générique.

Le Générique, à l’heure où la fumée bouge plus !

Au Générique, changement d’ambiance. 16 heures. Le soleil est réapparu et c’est à regret qu’on se glisse à l’intérieur. Ah, on ne passe pas inaperçus ! Trois échalas dont un photographe et un gros râblé barbu avec un calepin, ça n’arrive pas tous les jours à l’heure de la belote ! Le patron, bourru et malicieux, fait une réflexion sur la presse qui est reprise par un monsieur aux cheveux blancs : “Les journalistes, c’est comme les flics, quand ils arrivent, tout le monde s’en va.”

Heureusement que l’ami Gérard, Dupneu pour les initiés, nous salue fraternellement : “Manquait plus que ça, v’là la bande de L’Echo du Zinc !”

Entre deux casse-croutes et une rasade de Pacific, on capte quelques perles : “Apprendre la belote à un Anglais, j’te jure que c’est pas du pudding !” ; “Alors, tu me la files ta recette du Chou-secousse ?” Ou bien encore : “Ta gueule, ils se concentrent ! Quand la couleur change de main, la fumée bouge plus !”

Puis on aborde le problème délicat des feuilles d’impôts et de l’interview de Joyeux sur la Citadelle. Raoul, qui s’ennuie à mourir, me chuchote à l’oreille : “Quand ça part dans la grandiloquence, c’est pas bon !”

Sorti de ses prises de vue, c’est au tour de Thierry de faire diversion en nous parlant de ses séjours à Hanoï : “Rigolos, ces Vietnamiens, très proches des Français. Quant tu te plains à un restaurateur du menu qui ne change jamais, il te répond que c’est toujours pareil, sauf les fautes d’orthographe !”

C’est le moment que choisit le Bistronome pour nous avouer que “la nuit aussi, il est pas violent”. Comme on ne voit pas très bien, on lui dit de ne pas se biler, qu’il est pas tout seul, que c’est une question de statut. Au zinc, c’est souvent que “le mot nu ment” (sic).

Au Petit Montjoux, le commando intrigue

On est “on the road” à nouveau. Prochain objectif : Le Petit Montjoux. “Vous allez voir, c’est super, nous assure le Bistronome. Y a plein de vieux qui jouent de l’harmonica et certains soirs il y a même du tam-tam !”

Jeff est sûr qu’on va aimer, alors on aime. Le bistrot est fait de deux petites salles, la première sur la route et la seconde près d’une belle cour. Entre les deux, un passage. Dans la pièce de derrière, une fillette de sept ans qui joue seule aux dés. Un petit vieux à casquette passe près de moi. Il a un beau bouton bien gras sur le pif qui me rappelle Bruno, le mastroquet cher à Pierre Perret. Une super lumière arrose mon calepin, pendant que le Bistronome fait le forcing dans le relationnel. Le regard de la patronne, une femme douce et un peu triste dans son écharpe bleue, trahit une légère inquiétude : “Des flics, des voyous, des journalistes ?” semble-t-elle penser. Que font ce type barbu qui griffonne et ce photographe rêveur, avec ce grand roux en parka et ce Bistronome fameux ?”

Papa, t’as dit, on rentre ?

Bercé par le ronron des conversations (la voix de rocaille de Raoul scande le tout), j’observe la petite fille qui s’adresse à son père : “Papa” : “Papa”. Calmement, sans empressement, à vingt secondes de distance. “Tu viens, papa ?”. Le papa, peut-être au chômage, en tout cas sage et triste, se lève au moment où l’ombre portée d’une camionnette obscurcit la feuille de mon calepin. La voix de la petite, une dernière fois : “J’ai dit : Papa, tu viens ? T’as dit oui. Alors papa, tu viens ?”

Là, je sais pas pourquoi, j’ai un peu envie de pleurer. Alors je me lève et je siffle mon radeau. Le Bistronome a accroché un bonhomme gouailleur qui enfile les histoires idiotes exprès. “Forcément, qu’il dit, je raconte toujours des histoires que je connais pas. Eh puis chez nous, on s’est jamais vousoyés !”

Mystère des lieux communs et des clichés à développer dans l’intimité, le peuple est loin d’être con. Il sait comment repousser les commandos du rade. “Bravo, qu’il dit encore, c’est fort, ce que vous faites. Vous savez faire parler les gens !” De peur qu’il ne nous prenne pour des condés, on avoue ce qu’on fait et il nous dit bravo ! Les derniers beaux rayons du soleil ont disparu. On va rentrer dans la nuit. « Jeff, où sont passés les tam-tams ? »

Chez Janine Bras-de-Fer ?

On hésite un peu sur la marche à suivre. Je propose une virée rue de Vesoul, mais Raoul et le Bistronome tombent d’accord pour qu’on aille Chez Janine, rue de Dole. Il fait nuit et une partie de belote doublée d’un bras de fer battent leur plein. Le Bistronome, qui a l’oeil, reconnaît deux des joueurs de carte. “Viens par ici, Thierry, comme ça tu seras entre deux Guerre. Ouais, ils s’appellent Guerre, c’est leur vrai nom !”

Thierry sort pour la énième fois son appareil et son sac et s’exécute. Le temps que le Bistronome accepte le défi d’un client déchaîné et la sentence tombe : “Chez Janine, on s’casse plus vite les coudes qu’on boit des verres !” Dont acte. On rectifie notre tournée de jus de soja et on reprend la route.

On est tous des beuillauds !

18 heures. La bonne vieille voiture de Thierry a repris le chemin du centre ville. Je propose un bistrot qui n’existe plus depuis belle lurette et on finit par tirer sur Velotte par les berges enveloppées de verdure émeraude et noire. Le Bistronome a un peu forcé sur l’Evian Teck, il ne tarit plus. On se gare tant bien que mal devant Chez Ladreyt et on fait notre énième apparition de la journée dans le monde des autres.

La patronne nous regarde en biais. Faut dire que le patron est en pleine forme. Deux miligots squattent le coin du bar et un citoyen caustique le milieu du zinc. Un peu vannés, Raoul, Thierry et moi nous écroulons sur la table qui fait face au bar. Je commande un sandwich, le Bistronome un kilbus de Vichy Saint-Yorre un peu rose importé d’Ardèche. “Qui a cabossé ma bagnole ?” grogne feintement le “tronpa”, comme il le fait dix fois par jour à l’intention des non-initiés un peu sympas. Le Bistronome délaie et nous désigne les rampouilles en uniforme : “J’peux déclencher, les gars ?”

Pas le temps de répondre, il fait déjà le siège. “On va avoir du mal à respecter le timing”, dis-je. “Quoi ? Un rien t’anime” fait Raoul qui devient sourdingue en cette fin de raid.

Jeff revient en rajustant ses lunettes déjà fort embuées : “Vous inquiétez pas, les propos des uns et des autres, ça me passionne, moi !” Il y a de l’eau dans le gaz. “Moi, les propos des uns et des autres, ça m’emmerde depuis quarante ans !” répond Raoul qui craque en s’entendant à peine parler, et en avalant sa énième pastille d’Euphon. “Eh puis on est tous des beuillauds comme les autres !” conclut-il à l’agonie.

Comme les miligots prennent la tangente, on entend : “Eh, les gars, la Yougoslavie c’est à gauche !” Puis : “Ce que je fais ? Je suis branleur à la Citadelle, depuis qu’ils ont amené les singes, c’est : crache tout où j’t’étrangle !”

S’ensuit une diatribe croisée un peu sourde sur la mendicité affective, les causes mystiques de l’enrouement et la nécessité pour Jeff d’aller récupérer son VTT à l’Oreille Cassée.

En un mot comme en cent, ça sent l’écurie.

“Il me semblait bien, conclut Raoul, prisonnier volontaire de la Boucle depuis vingt ans, que la campagne allait finir par vous sortir par les yeux !”

Question de mélange

Bon, à l’impossible nul n’est tenu. Les yeux picotent, les genoux craquent et les index tremblotent. On reprend la bagnole et on dépose le Bistronome près de l’Oreille Cassée. Il est question de se retrouver au Domino et de faire une rallonge. Mais il y a un débat sur le Grand Canal au Kursaal et Thierry doit passer chez lui. On se sépare. D’ailleurs, Jeff restera prisonnier de la Madeleine. Du coup on file au Petit Bar.

Aux alentours de neuf heures du soir, on se fait saucisse-cancoillotte au Cercle Suisse autour de quelques pichets de lait. La conversation est vivante, amicale, chaleureuse, parfois vive, en tout cas humaine. Quand on se sépare, Thierry et Chantal d’un côté, Raoul et moi de l’autre, on se promet de l’après et du mieux. On a survécu au commando du rade et c’est pas plus mal que ça.

Cinq ou six heures plus tard, les petits théâtres de la vie lèveront à nouveau leurs rideaux, pour le pire et le meilleur, sans tambour ni trompettes. Quant à moi, je ne sais pas pourquoi, je suis tout drôle depuis ce jour-là. Sans doute le mélange. *

Enquête de terrain dirigée par Seamus Anderson, avec la collaboration de Thierry L., linguiste photographe, du grand Raoul, barde officieux, de J.F, loufiat notoire, et de l'ensemble de la population bisontine qui, à l'époque, préférait le bistrot aux services d'un psychologue.

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